Situation conflictuelle à PSA

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Situation conflictuelle à PSA

09. 04. 2018 13:08

Dans l'usine automobile PSA (Peugeot-Citroën) Groupe Slovakia à Trnava, l'Organisation des Syndicats KOVO a annoncé qu'un désaccord existait au terme de la négociation générale avec la direction. Les syndicats et l'employeur ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une augmentation générale des salaires de base des employés. Le syndicat réclame une augmentation de salaire de 10% pour tous les employés. Après les dernières négociations, l'employeur propose une augmentation générale des salaires en montants fixes et divisée par catégories socioprofessionnelles. Spécifiquement pour les opérateurs de production, il propose une augmentation de 27 euros, pour les ouvriers qualifiés et pour le personnel technico-administratif, ainsi quepour les cadres moyens de 47 euros. En 2017, le salaire moyen dans l'usine s'élevait à 1465 €, celui des ouvriers 1106 €.

Après huit tours de négociations sans résultat, les propositions des deux parties étant éloignées les unes des autres chacun affirmant vouloir rester sur ses positions, les représentants des salariés ont décidé d'utiliser leur option légale de déclarer l'échec de la négociation collective. Dans un tel cas, un médiateur du ministère du Travail doit être appelé. Si son intervention n'aboutit pas à un accord, les représentants du personnel sont en situation d'organiser un vote se prononçant sur le déclenchement éventuel d'un mouvement de grève. Les représentants du personnel perçoivent la situation dans l'entreprise comme très préoccupante. Les opérateurs travaillant sur les lignes de production touchent le salaire le plus bas des trois constructeurs automobiles installés en Slovaquie ainsi que des entreprises de production comparables dans la région. Au moment de la crise au sein du groupe, lorsque celui-ci se trouvait dans une situation très difficile, son entreprise de Trnava était un modèle. En ces temps difficiles, les salaires des employés ont été gelés pour deux ans. Mais aujourd'hui, selon Milan Zimarin, président de l'Organisation des Syndicats, lorsque la marque prospère sur le marché et alors que dans la région de Trnava, le taux de chômage avoisine les 2%, la direction de l'usine devrait penser également à sa compétitivité en tant qu'employeur et non seulement en termes de rentabilité en tant que producteur.

La production sur les lignes est énorme et intense en raison de l'optimisation continue de l'industrie. A tel point, que beaucoup d'employés cessent leur travail pour des raisons de santé ou de maladie professionnelle. Ce sont là aussi les raisons pour lesquelles les salariés ne restent pas dans l'unité de PSA dans les conditions actuelles. Conséquemment, l'employeur a vu s'ouvrir sa possibilité d'embaucher des employés étrangers des pays tiers. En un an, plus de 800 personnes ont été recrutées de la sorte ce qui représente environ le tiers de tous les agents de production. Mais dans la réalité des faits il s'avère que beaucoup de ces travailleurs étrangers quittent leur emploi également pour ces mêmes raisons, bien que leur salaire en Slovaquie soit comparativement plus avantageux que pour leurs collègues slovaques par rapport à leur pays d'origine

Les syndicalistes déclarent ne plus vouloir assister au déclin de l'entreprise, leurs efforts tendent à contribuer à la relever, même si en apparence cela n'y ressemble pas, ils veulent vraiment aider l'employeur.


Tatiana Minarovičová Foto: TASR

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