Skripal : débat animé en Slovaquie

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Skripal : débat animé en Slovaquie

12. 04. 2018 14:05

La commission des Affaires étrangères du Conseil national de la République slovaque a pris en considération les déclarations du chef de la diplomatie slovaque Miroslav Lajčák (Smer-SD) concernant les mesures que la Slovaquie devrait prendre dans l'affaire de l'empoisonnement de l'ancien espion russe Sergej Skripal et sa fille en Grande-Bretagne. Tout au long de la session du 12 avril, initiée par la présidente de cette commission, Katarína Csefalvayová (Most-Híd), Monsieur Lajčák a assuré les députés que la Slovaquie condamnait catégoriquement la tentative de meurtre de l'agent Skripal.

« Nous considérons l'attaque contre l'ancien espion comme la violation de l'Accord sur l'interdiction des armes chimiques ainsi que de la législation internationale. De même, la République slovaque conteste formellement les allégations du ministère des Affaires étrangère russe selon lequel la substance chimique aurait pu être fabriquée chez nous. Entre temps, la Russie s'est excusée auprès de la Slovaquie de nous avoir accusé », a rappelé monsieur Lajčák.

À ses yeux, la Slovaquie a clairement exprimé sa solidarité avec la Grande-Bretagne et a pris en considération les soupçons de la Première ministre britannique, Theresa May, pointant du doigt la Russie. Aussitôt la Slovaquie a demandé à cette dernière de s'expliquer sur ce qui s'était passé. L'ambassadeur russe nous a immédiatement informé que son pays ferait le nécessaire afin d'élucider cette affaire. Comme l'a fait remarquer Miroslav Lajčák au cours de la session, « Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a salué dans sa lettre de remerciements la décision de la Slovaquie de reporter notre ambassadeur de Moscou ».

Le chef de la diplomatie a également assuré le comité que son département suivait scrupuleusement l'évolution de l'enquête et qu'il en débattait intensément avec tous les partenaires britanniques et européens. « En fonction de l'évolution de l'affaire mon département est prêt à revenir sur ses décisions », a ajouté le ministre.

Malgré ces propos, la présidente du comité Katarína Csefalvayová reste persuadée que la République slovaque ne s'est pas montrée à la hauteur des circonstances dans l'affaire de Skripal. À ses dires, la Slovaquie a pris position trop tard, au moment où tous les autres pays avaient déjà déclaré leur intention d'expulser les diplomates russes.

« Nous avons manqué l'occasion d'exprimer à temps notre solidarité avec nos alliés de l'Union européenne et de l'OTAN. Pourtant, les relations avec ces institutions doivent être notre priorité. Malheureusement, ni la Slovaquie ni les pays du V4 ne sont perçus comme des partenaires parmi les plus solidaires au sein de l'union. Je suis navrée d'être obligée de constater que notre position n'était pas très claire et que l'Europe s'en est très bien rendu compte. C'est comme si nous ne pouvions pas nous décider s'il fallait défendre les intérêts de l'Union européenne ou ceux de la Russie », a jugé madame Csefalvayová.

Le vice-président du comité Jaroslav Paška (SNS) défend le droit de la Slovaquie d'être en désaccord avec ses partenaires. « Pas un seul laboratoire britannique n'a jusqu'à présent confirmé que la substance Novichok provenait de la Russie. Il faut d'abord avoir des preuves tangibles. Ce n'est qu'après que l'on peut agir. »

tasr

Ján Kováč Foto: TASR

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