Il y a 50 ans qu’Alexander Dubček démissionnait et était remplacé par Gustáv Husák

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Il y a 50 ans qu’Alexander Dubček démissionnait et était remplacé par Gustáv Husák

17. 04. 2019 14:32

L'instant où Alexander Dubček, suite aux fortes tensions que faisait peser le Kremlin, a quitté la plus haute fonction du parti communiste tchécoslovaque et a été remplacé par Gustáv Husák, est considéré par les historiens comme le point de départ du processus de la normalisation en ex Tchécoslovaquie. Alexander Dubček était le symbole des réformes, connues sous le nom de Printemps de Prague, qui se sont produites dans les premiers mois de l'année 1968. Mais les 20 et 21 août 1968, le processus de démocratisation était autoritairement et militairement stoppé par l'invasion des forces armées soviétiques et celles de ses alliés du pacte de Varsovie. Le 17 avril 1969, il y a donc 50 ans, Alexander Dubček s'est trouvé contraint de quitter sa fonction de premier secrétaire du Comité central du parti communiste tchécoslovaque.

Suite à l'invasion des armées du Pacte de Varsovie en août 1968, Alexander Dubček et d'autres plus hauts représentants de l'État ont été en quelque sorte interpellés et conduits à Moscou. Là, les représentants de la délégation tchécoslovaque ont dû participer à une session de discussion avec les plus hauts représentants soviétiques, avec à leur tête Leonid Illich Brejnev. Dans un climat très tendu sous la pression des dirigeants du Kremlin, les représentants tchécoslovaques ont été contraints de signer le protocole de Moscou, entérinant un accord formel stipulant le séjour des troupes du pacte de Varsovie sur le territoire de la Tchécoslovaquie.

Malgré cette évolution, les efforts de réforme de Dubček ont toujours dominé dans le pays tout comme la résistance civique contre l'occupation. Son symbole est devenu Jan Palach, un jeune étudiant, qui le 16 janvier 1969 s'est immolé par le feu sur la place Venceslas à Prague. La vague de la résistance s'est renforcée et publiquement manifestée lors du championnat du monde de hockey sur glace en Suède, où la représentation tchécoslovaque par deux fois a remporté le match contre la représentation soviétique, les festivités de victoire se sont exprimées en protestations contre l'occupation. L'ultimatum soviétique était clair : soit Dubček quitte son poste, soit les Soviétiques et leurs unités placeront les villes tchécoslovaques sous un régime d'occupation.

Le 31 mars 69, une délégation soviétique est arrivée à Prague où elle a demandé une intervention de contre révolution et le départ de A. Dubček de la tête du parti. Et cela s'est ainsi produit. Le 17 avril 1969, lors de l'assemblée du Comité central du parti communiste tchécoslovaque, Alexander Dubček, soumis à de fortes critiques et pressions s'est démis de ses fonctions de secrétaire général du parti. Il a été immédiatement remplacé par Gustáv Husák. Ce fût le début de sa carrière politique qui en 1975 l'a mené à devenir président de la Tchécoslovaquie. Par contre, pour Alexander Dubček, cela a été le début de sa chute et en 1970, il a été exclu du parti communiste tchécoslovaque.

En 1970, le Comité central du parti communiste tchécoslovaque a adopté un document dénonçant et condamnant les évènements du Printemps de Prague en 1968. Celui-ci est considéré comme le début du processus de la normalisation.

Kristína Hanáková Foto: TASR

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