1989 : Slovaques et Tchèques ont une vision différente du communisme

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1989 : Slovaques et Tchèques ont une vision différente du communisme

05. 11. 2019 14:31

Le 17 novembre, les Slovaques célèbrent la victoire de la liberté et de la démocratie. 30 ans après la révolution de velours qui a mis fin au communisme, les Slovaques perçoivent ce régime différemment des Tchèques. Et la nostalgie n'est jamais loin. C'est en tout cas ce qu'il ressort d'une étude menée conjointement par les deux pays.

Les Slovaques perçoivent la vie et la situation avant 1989 un peu plus positivement que les Tchèques, alors que ces derniers évaluent de manière plus positive la situation actuelle. Ce sentiment résulte des recherches effectuées en septembre 2019. Une étude menée conjointement par l'Institut de sociologie de l'Académie slovaque des sciences (SAV) en coopération avec l'Institut des affaires publiques (IVO) et l'Institut de sociologie de l'Académie des sciences de la République tchèque. Selon les recherches, les citoyens des deux États s'accordent sur une vision positive de la révolution de velours, la percevant comme un événement historique positif.

Le communisme, période de modernisation en Slovaquie ?

L'opinion publique tchèque est plus critique à l'égard du passé communiste, alors que c'est l'inverse en Slovaquie. La Slovaquie était un peu moins préparée aux changements de 1989 selon Zora Bútorová d'IVO en Slovaquie. La raison peut être l'effet inverse de la normalisation et de la modernisation dans le pays.

« Chez les Slovaques, cela a créé un sentiment accru que le régime socialiste leur avait apporté quelque chose que les Tchèques avaient vécu lors de la modernisation de la Première République tchécoslovaque. Même la normalisation politique en Slovaquie a été plus douce », constate madame Bútorová.

Le fait que la modernisation et l'industrialisation aient amélioré le niveau de vie des Slovaques pendant le régime communiste est également confirmé par Robert Klobucký de l'Institut de sociologie de la SAV. « Les gens ont senti une plus forte amélioration de leur vie quotidienne que dans la société tchèque », explique-t-il.

Selon les experts, les deux pays ont également connu une évolution différente après le changement de régime.

« Après l'effondrement du régime communiste, les coûts de transformation en Slovaquie semblent avoir été plus élevés. Les phénomènes sociaux négatifs tels que le chômage, la criminalité, la crise du système politique ou le mečiarisme furent des phénomènes qui n'ont pas pris une telle ampleur dans la société tchèque », confirme le sociologue.

Selon les recherches, la nostalgie de la vie avant 1989 prédomine surtout chez les personnes âgées moins éduquées et chez celles dont la pensée est moins démocratique et « qui ont tendance à estimer que ce serait mieux si la poigne était plus ferme ». Selon madame Bútorová, cela concerne plus des partisans du Smer-SD et de ĽSNS. Au contraire, les recherches montrent que les partisans du SaS ou des partis sans représentation au parlement, PS-Spolu et Za ľudí, estiment que le changement social survenu après 1989 en valait la peine.

« Nous sommes confrontés à une période de grande incertitude. » Bútorová

Selon madame Bútorová, le plus positif est que les gens ont acquis les libertés politiques et civiques en changeant le régime. Et de citer la possibilité d'étudier et de voyager pour travailler, le droit d'exprimer son opinion, la liberté de s'informer ou de se réunir et d'exprimer ses opinions. Par contre, selon les Slovaques, la situation est pire qu'avant 1989 dans les secteurs de la santé, de la sécurité et de la criminalité ou de la sécurité sociale.

tasr

Jacques Hoflack, Foto: TASR

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