Le congrès de l’Association des entrepreneurs de Slovaquie

Gros plan

Le congrès de l’Association des entrepreneurs de Slovaquie

28. 11. 2019 13:20

Mardi dernier s'est tenu à Bratislava le congrès de l'Association des entrepreneurs de Slovaquie. Après sa partie consacrée au travail du congrès, les participants et les invités à celui-ci ont marqué l'anniversaire important des 30 ans d'acquisition de la possibilité d'entreprendre librement en Slovaquie. Jan Oravec, président de l'association a rappelé que c'était en 1988 que le gouvernement de la République socialiste slovaque a adopté une directive selon laquelle les entreprises socialistes étaient habilitées à céder temporairement aux citoyens des locaux dont elles ne se servaient plus pour que ceux-ci puissent y rendre des services à leurs concitoyens, ouvrant ainsi unpetit espace à la notion de libre entreprise à un certain niveau. Nombreux ont été ceux qui se sont saisis de cette opportunité. Très vite ils ont compris que dans ces nouvelles conditions ils ne pourraient pas se passer d'un organisme qui défendraient leurs intérêts. Même pas un mois après novembre 1989, le 16 décembre exactement, les premiers entrepreneurs se sont réunis pour fonder une telle organisation sous la dénomination Association des entrepreneurs de Slovaquie. Leur objectif a été de lutter contre toutes les limitations d'accès au marché libre, soutenir un environnement entrepreneurial favorable, sans privilèges ni exceptions qui vont à l'encontre de la compétition économique et enfin protéger les droits et les libertés des entrepreneurs. Immédiatement, cette association est devenue le représentant des entreprises privées. Les dirigeants et animateurs de l'association ont apporté leur contribution à la préparation et formulation des premières lois définissant les conditions defonctionnement et de gestionaprès novembre 1989, surtout celles sur l'entreprise privée et celle concernant l'impôt sur le revenu.

Après 30 ans d'existence force est de constater selon Jan Oravec que son impact le plus positif est lié au secteur privé. La structure de l'économie a fondamentalement changé et le secteur privé quasiment inexistant en 1989 domine de nos jours dans la production et dans la distribution de la plupart des marchandises et des prestations de services. Le nombre d'entreprises augmente et le secteur privé est devenu le plus grand employeur du pays. Les ressources qu'il génère financent le secteur public.

Et consécutivement, selon le président de l'Association, c'est le secteur public qui leur cause des soucis. Il emploie trop de fonctionnaires, il est irresponsable dans la gestion des ressources et les secteurs qui de nos jours fonctionnent le plus mal sont ceux qui sont sous la tutelle et la gestion de l'Etat, à savoir la santé publique, l'éducation nationale mais aussi la justice. Ainsi qu'il le fait observer et dénonce, toute la société est trop bureaucratisée et trop réglementée. Dans les années 90, l'Etat a renoncé à sa propriété dans la plus grande partie de l'économie nationale mais a su compenser cet « affaiblissement » par une énorme croissance de la régulation dans les deux décennies à venir. Les lois étaient de plus en plus étoffées et leur recueil comportaitde plus en plus de pages, de paragraphes, d'obligations et restrictions souvent dépourvus de sens. C'est pourquoi l'Association porte un regard critique sur la période entre 1989 et 2019 ; comme l'a souligné le président Oravec : « nous sommes passés du socialisme au capitalisme avec un billet d'aller-retour ». Le ministre de l'économie Peter Žiga a reconnu que les lois et les directives étaient trop nombreuses et souvent contradictoires et que les « paquets anti-bureaucratie » n'étaient pas suffisants mais que le gouvernement en préparait une quatrième mouture en faveur des entrepreneurs.


Katarína Vassalová Foto: TASR

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