Bourse pour les étudiantes enceintes : une fausse bonne idée ?

Bourse pour les étudiantes enceintes : une fausse bonne idée ?

Le ministère du travail prend des mesures qui aident les familles en Slovaquie. Le ministre Milan Krajniak a déclaré à la presse que le gouvernement entendait soutenir les familles avec son paquet de mesures sociales. Il compte mettre en place notamment une allocation pour les étudiantes enceintes. Les experts restent sceptiques.

Le ministre Krajniak a expliqué qu'au moment de la nouvelle pandémie de coronavirus, 66 millions d'euros avaient été mis de côté pour soutenir les crèches : « Nous voulions protéger ce secteur afin que les gouvernements locaux n'aient pas à fermer des crèches pour des raisons financières », ajoutant que ce soutien se poursuivrait.

La loi de financement doit également être modifiée afin que le ministère puisse venir en aide non seulement dans les cas humanitaires, mais aussi pour soutenir les familles et les projets familiaux.

« Non seulement les allocations de grossesse, mais aussi l'abolition du ticket modérateur pour les médicaments pour les enfants de moins de 6 ans, la gratuité des transports publics et des bus pour les enfants et les étudiants, ce sont des mesures qui soulageront les budgets familiaux et aideront les populations les plus vulnérables à traverser la crise du mieux qu'elles peuvent », a assuré le ministre.

Selon lui, les familles avec de jeunes enfants et les personnes gravement handicapées sont les groupes les plus à risque, pas seulement par la crise. Et le gouvernement entend les aider le plus possible. Dans le cas de la répartition des responsabilités parentales, le ministre Krajniak prévient que des changements pourraient également être apportés au système de retraite. Par exemple, les femmes qui ont élevé des enfants peuvent prendre leur retraite un peu plus tôt.

« Nous devrons changer cela pour que cela s'applique également aux hommes. Donc, non seulement le congé de paternité, mais nous voulons faire autre chose pour qu'il y ait égalité entre les hommes et les femmes dans ce domaine, s'ils contribuent et prennent vraiment soin des enfants, afin qu'ils reçoivent également des avantages et des primes pour cela », a ajouté le ministre Krajniak.

Le ministre du Travail propose l'introduction d'une nouvelle allocation de grossesse, mais aussi des bourses pour les étudiantes enceintes. Le ministère souhaiterait ainsi soutenir les femmes qui travaillent ou étudient avec une nouvelle allocation leur prodiguant un revenu pour couvrir les dépenses accrues liées à la grossesse, telles que la nourriture, les vêtements, les soins de santé.

« Nous avons beaucoup de futures mamans qui sont étudiantes et nous voulons qu'elles puissent continuer leurs études ».

Pour les experts, l'introduction de nouvelles allocations pour les mères qui travaillent pourrait les aider à améliorer leur qualité de vie, mais le problème de la discrimination à l'égard des femmes sur le marché du travail ou de l'écart salarial ne serait toujours pas résolu. Certains experts, comme Radovan Ďurana, critiquent la proposition qui briserait tous les principes de gestion responsable afin d'obtenir des électeurs. Quand à Michal Páleník de l'Institut pour l'emploi, les doctorantes ont été exclues de la couverture maternité.

Bien que les avantages liés à la grossesse et à la maternité puissent soutenir financièrement la famille, selon les experts, leur impact sur la situation des femmes sur le marché du travail est minime et parfois négatif. Pour la chercheuse de l'Académie slovaque des sciences Magdalena Adamus, on ne peut pas s'attendre à ce que les allocations de grossesse et les bourses aient un effet positif sur la situation des femmes sur le marché du travail, comme elle l'explique :

« Au mieux, elles se révèlent neutres et ont principalement un effet social, c'est-à-dire une amélioration temporaire de la qualité de vie des femmes enceintes. Malgré certains impacts sociaux positifs, maintenir les femmes à l'écart du marché du travail est contre-productif, limite leur progression de carrière et augmente le danger de pauvreté. »

Madame Adamus suppose que l'objectif du gouvernement serait aussi qu'avec cette mesure les femmes renoncent à avorter pour des raisons économiques, ou qu'elles puissent obtenir un financement pour des dépenses supplémentaires pendant la grossesse. Les experts estiment que l'État devrait davantage soutenir les parents qui travaillent, l'augmenter la disponibilité de crèches et d'écoles maternelles, mais aussi aider les parents qui risquent de perdre leur emploi.

tasr

Jacques Hoflack Foto: TASR