Boris a Brambor
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Les Cavaliers nocturnes au festival Lumière à Lyon

Les Cavaliers nocturnes au festival Lumière à Lyon

Les Cavaliers nocturnes est dans l'ordre le quatrième film qui représente la cinématographie slovaque au prestigieux festival Lumière à Lyon. Depuis 2017, les organisateurs du festival présentent au programme de la catégorie cinéma classique un film slovaque de la collection de l'Institut du cinéma slovaque parfaitement restauré par un processus numérique. Après les cinéastes Viktor Kubal, Peter Solan et Elo Havetta lors des éditions précédentes, les spectateurs de la 12ème édition du festival ont l'occasion de voir le film de Martin Hollý de 1981.

Le drame Les Cavaliers nocturnes se déroule dans un village à la frontière slovaco-polonaise peu après la Grande Guerre, la destruction de l'Autriche-Hongrie, et la naissance de la Première République tchécoslovaque. Un garde-frontière est tué alors qu'il patrouille sur la nouvelle frontière entre la toute jeune Tchécoslovaquie et la Pologne. Son successeur est un Tchèque qui se heurte immédiatement aux villageois. Ces gens pauvres protègent le contrebandier local qui essaye de faire passer des chevaux depuis la Pologne pour les vendre, permettant ainsi aux villageois de gagner de quoi émigrer vers les États-Unis.

Martin Hollý (1931-2004) a tourné une vingtaine de longs métrages, dont plusieurs, comme celui-ci, se déroulent dans les Hautes Tatras à la frontière polonaise. Quand la fin de l'empire austro-hongrois donne naissance à la Tchécoslovaquie en 1918, ces régions sont disputées entre des populations d'origines et de langues différentes, certaines régions sont annexées puis rendues à la Pologne. Les Cavaliers nocturnes décrit cette période un peu floue pendant laquelle l'autorité du pouvoir centralisé à Prague bute sur les particularismes régionaux. Le récit se concentre sur le duel entre deux hommes de conviction, anciens combattants, ennemis de circonstance : officier des douanes contre contrebandier. « Martin Hollý aime les situations où il peut montrer ses talents de cinéaste d'action. La beauté sauvage des paysages de montagne photographiée par František Uldrich ajoute à l'impact émotionnel du film », écrit à la sortie du film la célèbre critique Eva Zaoralová, longtemps directrice du Festival de Karlovy Vary.

Institut slovaque de cinéma, Festival Lumière

Zuzana Borovská Foto: TASR