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Chute du communisme : 31 ans de liberté

Chute du communisme : 31 ans de liberté

31 ans se sont écoulés depuis la chute du communisme dans l'ex-Tchécoslovaquie. Le 17 novembre est l'une des fêtes dont nous sommes plus conscients que d'autres, parce que beaucoup de gens ont vécu en personne ces événements. La plupart de ceux qui ont connu le régime précédent avaient l'habitude de dire que nous vivions mieux à cette époque. Est-ce le cas ?

Avec la chute du communisme, « la disponibilité et les opportunités qu'offre la liberté, en particulier lorsqu'on voyage, étudie et travaille, est certainement une chose positive qui facilite la vie », assure Martin Halas de l'Institut de recherche sur les risques socio-économiques et les alternatives. Par contre, il y a plus d'incertitude, « à la fois pour les jeunes, les personnes actives et les seniors », précise-t-il. Selon lui, il s'agit principalement de la sécurité sociale et de son accès. Bien que la constitution déclare la gratuité de l'éducation et des soins de santé, en réalité les familles y consacrent des sommes considérables.

Toujours dans le cadre du droit constitutionnel, chaque citoyen devrait avoir le droit de travailler, ce que l'État n'a pu garantir après la révolution. Sous le communisme, il était également possible d'obtenir un appartement sans hypothèque et divers autres avantages non commerciaux tels qu'un prêt pour les jeunes mariés, car c'est l'État qui décidait de tout.

En termes de finances, les coûts du logement, de l'énergie, de la nourriture et des boissons, ainsi que des médicaments, ont augmenté dans le « panier de consommation » des ménages par rapport à 1989. Par exemple, tout était gratuit dans la prise en charge des maladies de longue durée avant 1989, aujourd'hui cela coûte de 400 à 1 600 euros par mois.

Pourquoi les gens aiment-ils dire que nous vivions mieux ? Selon la sociologue Silvia Porubänová, on ne peut pas évoquer simplement « l'optimisme de la mémoire », même si c'est souvent le cas. Mais beaucoup de gens préfèrent la sécurité à la liberté. Et le fait qu'à ce moment-là tout le monde avait un travail, des soins médicaux gratuits que personne ne se retrouvait à la rue, telles étaient les certitudes qui étaient importantes pour les gens.

Les prêts hypothécaires pour toute la vie productive de la famille, le report de la création de la famille, la priorisation des carrières et des finances qui y sont associées font désormais partie de la vie. D'un autre côté, les chiffres montrent clairement qu'on gagne plus en moyenne que sous le communisme. Les habitudes d'achat ont considérablement changé, on a beaucoup plus de possibilités d'acheter divers produits. On a pu le constater avec la croissance rapide du nombre de grands centres commerciaux après 1989.

Plus réconfortant est qu'on doit travailler moins de temps pour s'offrir des produits que sous le communisme. Cela est particulièrement vrai pour la viande, les œufs, mais aussi le sucre. On passe moins de temps au travail pour acheter des produits laitiers, mais les différences ne sont plus aussi marquées. « Aujourd'hui, on doit travailler quelques minutes de plus pour acheter du pain que sous le communisme », nuance Eva Sadovská, analyste chez WOOD & Company. Aujourd'hui, les vêtements et les chaussures sont également plus abordables pour les Slovaques.

Qu'est-ce qui a changé d'autre ?

On gagne 30% de plus. Si les salaires réels ont chuté après la révolution, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les Slovaques ont commencé à gagner davantage qu'en 1989 en termes réels, c'est-à-dire après ajustement pour tenir compte de l'inflation, seulement en 2007.

On achète différemment. L'un des changements les plus importants des trois dernières décennies est l'expansion des achats en ligne. Les e-boutiques sont très pratiques.

Les appartements étaient gratuits. Alors que jusqu'en 1989, les appartements d'État étaient attribués gratuitement, les appartements coopératifs coûtaient environ 30 000 couronnes. Actuellement, ils coûtent des dizaines et des centaines de milliers d'euros, c'est pourquoi la plupart des Slovaques doivent contracter un crédit immobilier. Par conséquent, on doit travailler plus longtemps pour acquérir son logement.

Électronique moins chère. On doit également travailler un temps beaucoup plus court pour acheter des biens durables.

Tatiana Minarovičová Foto: TASR