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Scission au sein du parti Za ludi

Scission au sein du parti Za ludi

6 députés du parti Za ludi, élu à sièger au parlement lors des dernière législatives et devenu membre de la majorité gouvernementale regroupés sous la houlette de la ministre de la justice Maria Kolikova, ont annoncé hier qu'ils quittaient le parti et son groupe de députés. De la sorte ce groupe en lui-même ne pourra plus exister, ne disposant plus du nombre requis de 8 députés pour ce faire. Les députés dissidents rejoignent le groupe du parti libéral SaS. Le chef du parti SaS Richard Sulik a déclaré son intérêt à maintenir la coalition gouvernementale et maintenir Maria Kolikova au poste de ministre de la justice.

A l'origine de cette scission sont les tensions entre deux 2 tendances, conservatrice et libérale. Aux dires de Maria Kolikova, les tensions au sein du parti sont nuisibles, provoquant des dégâts à l'intérieur du parti et lèsant de la sorte la coalition au pouvoir et in fine le pays. Ils ont accompli cette démarche après mûre réflexion parce que comme ils l'ont mentionné lors de la conférence de presse, leur projet d'orientation plutôt libéral s'est « liquéfié » dans le parti mené par son aile conservatrice. A l'avenir, ils veulent s'identifier comme une plateforme « Pour une Slovaquie juste ». Ils ont choisi de rejoindre le groupe du SaS vu la proximité des orientations politiquesconvergentes . Ceci devrait également permettre de maintenir la majorité gouvernementale. La scission du groupe s'est encore renforcée après la crise gouvernementale du printemps dernier lorsque certains membres du parti ont exprimé leur désapprobation vis-à-vis de la manière dont la présidente du parti Veronika Remisova dirigeait ce dernier.

Quant à la présidente du parti Veronika Remisova, elle ressent ce départ des dissidents et leur ralliement au groupe SaS comme une trahison des valeurs du parti et de ses membres. Elle critique aussi que ce groupe de dissidents veut maintenir à son poste de ministre de la justice Maria Kolikova bien qu'elle ait quitté le parti au nom duquel elle y a été nommée.

Selon la politologue Darina Malova de l'Université Comenius, les chances de survie du parti ont commencé à s'affaiblir sitôt après les élections législatives, révélant une audience de celui-ci dans l'électorat bien plus faible que ne l'indiquaient les sondages préélectoraux sur les intentions de vote, ce qu'a accentué le départ de son fondateur Andrej Kiska. Il se dit lui-même profondément triste et déçu de la voie que le parti a pris mais en même temps, il comprend la décision de Maria Kolikova et ses collègues. Selon Darina Malova, la scission était à prévoir tout comme le départ du groupe des dissidents vers le parti SaS. Elle n'exclu pas non plus que le groupe restant autour de la présidente Veronika Remisova pourrait venir renforcer au parlement le groupe majoritaire leader de la coalition d'OLANO, le plus représenté au sein du parlement slovaque quantau nombre de députés .

Katarína Vassalová Foto: TASR